mercredi

Hommage à Rozsda - Paris


Il y aura dix ans le 16 septembre le peintre Endre Rozsda, créateur d'une œuvre secrète, complexe et lumineuse, reconnue en son temps par André Breton, s’éteignait à Montmartre.

Du 20 avril au 20 mai dernier, Budapest ville de sa jeunesse, lui a rendu un grand hommage avec trois expositions. Les musées, la municipalité, l’université et les institutions culturelles franco-hongroises se sont mobilisés.

En Septembre à Paris, sa ville d’adoption, ses amis et l’Institut Hongrois ont fait revivre son œuvre peinte, graphique et photographique avec une sélection de ses tableaux les plus forts, de ses dessins les plus « sages » et des photographies, celles qui lui étaient les plus chères, dans le quartier où il a travaillé jusqu’à la fin de sa vie.


L'hommage s'est déroulé le mercredi 16 septembre.


A la galerie La Hune Brenner - 3, rue Ravignan Paris 18e

« Rozsda intime, dessins et aquarelles des années 40 ».

et s'est poursuivi à L’espace Bateau Lavoir - 6, rue Garreau Paris 18e

« Rozsda peintre et photographe », dix-huit tirages argentiques montrés au public pour la première fois, trois tableaux de sa première époque et 9 toiles de 1960 à 1990.

mardi

Vernissage Espace Bateau Lavoir


José Mangani, Csaba Benedeck et Andras Ecsedi-Derdak, directeur de l'Institut hongrois inaugurent l'exposition "Rozsda, peintre et photographe" au Bateau Lavoir.  

lundi

Vernissage Galerie La Hune


Dominique Desanti, écrivain et philosophe sort de l'exposition "Rozsda intime, dessins et aquarelles des années 40" à la galerie La Hune pour se rendre à l'exposition de l'Espace Bateau Lavoir.

dimanche

Fête pour les enfants

Le lendemain, des activités pour les enfants autour de l'oeuvre d'Endre Rozsda ont été organisées sur le lieu de l'exposition.

samedi

Rozsda vu par André Breton

Aujourd'hui tout nous parle d'humus, comme s'il n'importait plus - notamment dans la peinture - une fois atteint le degré d'égale putrescence de régimes sociaux antagonistes qui accentue la menace d'extinction planant sur l'humanité, que d'espérer surprendre et isoler le ferment ou l'élixir grâce auquel la pâte cosmique lève à nouveau, nous restituant le goût pur et simple de la vie. Le prodigieux sursaut de Budapest [...] nous rend avides de savoir de quoi cette liberté ressurgie à l'état naissant a pu être pétrie. On a la chance de le découvrir dans l'œuvre de Rozsda, accomplie clandestinement au cours de ces dernières années : la bonne fortune a voulu qu'elle pût le suivre dans son exil. Voici le haut exemple de ce qu'il fallait cacher si l'on voulait subsister, mais aussi de ce qu'il fallait arracher de nécessité intérieure à la pire des contraintes. Ici se mesurent les forces de la mort et de l'amour ; la plus irrésistible échappée se cherche de toutes parts sous le magma des feuilles virées au noir et des ailes détruites, afin que la nature et l'esprit se rénovent par le plus luxueux des sacrifices, celui que pour naître exige le printemps.

ANDRE BRETON, 1957

vendredi

Rozsda vu par Françoise Gilot


Presque journellement, j'allais peindre à son atelier le matin et l'après-midi, il faisait des portraits de moi. Pour cela, je devais me percher sur une chaise montée sur une caisse, elle-même placée sur une table, équilibre précaire qui ne me permettait d'apercevoir ni l'artiste ni sa toile, mais je pouvais voir sa main éloquente au poignet souple maniant le pinceau en mille voltes et arabesques. Endre Rozsda, pendant ces séances, parlait, évoquant les ombres claires chères a Vel´zquez, ou s'exhortant a ne pas briser la coque d'un visage ovale comme un œuf. [...] En janvier 1957, Rozsda revint a Paris. J'étais a la gare de l'Est pour l'accueillir. Entre-temps, il avait été oublié en France et il dut tout reconstruire peu a peu. L'amitié d'André Breton, de Simone Collinet, directrice de la galerie Furstenberg, et de Raymond Queneau lui fut précieuse. Dans sa vie, dans son œuvre, il avait souffert, il avait subi bien des tourments, mais il sut toujours éviter l'amertume. Plus que jamais, il évolua au rythme de son rêve intérieur. Son œuvre est solitaire et peut-être difficile d'accès. Non pas une tour d'ivoire mais plutôt une tour d'arc-en-ciel, car la magie de la couleur est chez lui totale. L'enfermement relatif est lié à sa quête au pays de la mémoire, lui qui ne fut jamais oublieux du vert paradis des amours enfantines.

FRANCOISE GILOT, 2001 - Photo : "Portrait de Françoise" Endre Rozsda, 1941

jeudi

Rozsda vu par Erik Orsenna

Cet homme a posé sa tête sur le Temps. Il a patiemment oublié ce qu'il savait des identités et des morcellements. Il a seulement tendu l'oreille. De ce guet passionné, voici le résultat : une ronde souveraine. Des couleurs que tout séparait, des saisons aussi éloignées que l'automne et le printemps, des bribes les plus diverses de l'univers soudain rassemblées, comme les phalènes par la lumière, toutes et tous ont accouru, attirés par la doublé et rare nouvelle, premièrement qu'il existait sur terre un homme admis dans l'intimité du Temps et, deuxièmement, que cet homme, de tableau en tableau, n'arrêtait pas de fêter ses noces à nulles autres pareilles. Depuis bientôt trente ans que je connais Endre, ma certitude se renforce que du mont Ararat à la bonne ville de Mohàcs (Hongrie), il descend, en ligne directe, du grand Noè, le célèbre collectionneur. Mais [...] dans son Arche [...] il accueille des moments, des rythmes, de très vieux souvenirs, comme les ruines de religions ensommeillées et une foule de détails, éberlués d'être ainsi célébrés. A croire que, sous son air de seigneur, impavide et magnifique, il est assez fou d'orgueil pour ne vouloir sauver du déluge qu'un seul animal, insaisissable et chatoyant : la vie.

ERIK ORSENNA, 1998

mercredi

Revue de presse

"Hommage à Rozsda" par Nicole Lamothe dans Univers des Arts, Septembre 2009 (n°144).

"Hommage à Rozsda 1999-2009" par Lydia Harambourg dans La Gazette Drouot, 18 Septembre 2009 (n°31)

  • L'Objet d'Art septembre 2009 (n°449), calendrier des expositions